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Social : Faure en mode « séduction tardive des populations »


Priorité à la politique sociale. C’était en substance, l’objectif du troisième mandat de Faure Gnassingbé à la tête du Togo. Mais quelques mois seulement après sa réélection non seulement la promesse est loin d’être tenue mais aussi les projets annoncés par le Chef de l’Etat ont été mal gérés ou tout simplement  non réalisés. Mais visiblement, depuis quelques jours le Président de la république a semblé reprendre le poil de la bête à travers des descentes sur le terrain pour dit-on recueillir les préoccupations des populations.

29 Avril 2015, candidat à sa propre succession, Faure Gnassingbé a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 25 Avril 2015 avec 58,77% des voix contre 35,19% pour son principal adversaire Jean-Pierre Fabre. Lors des campagnes de cette élection présidentielle, le candidat Faure a fait valoir non seulement ses acquis politiques et économiques mais aussi a promis du changement dans le mode de gouvernance. Pour lui, son troisième mandat servira à renforcer le tissu social et garantir la prospérité et le développement du Togo. Mais quelques jours seulement après sa prestation de serment, le Chef de l’Etat a disparu des radars. Aucune nouvelle des Conseils des ministres. Alors, les spéculations vont aller bon train. Certains vont jusqu’à évoquer le décès du Chef de l’Etat. Les populations sont affolées mais rien n’y fit. Faure Gnassingbé a gardé un silence froid. Il fallut quelques temps avant qu’il ne rompt le silence.

« C’est le premier signe d’un mandat social », ironise un journaliste sur une radio de la place. Les deux premières années de ce mandat, le président descend rarement sur le terrain. Pourtant, il est très présent à l’extérieur. Les projets qu’il a promis aux populations n’arrivent qu’aux compte-gouttes. En outre, ces ministres chargés d’exécuter les projets pensent plutôt à se remplir les poches plutôt que de rendre services aux populations vulnérables qui croupissent sous le poids de la pauvreté. Tout le contraire de ce qui était promis.

En effet, pour ce troisième quinquennat, le gouvernement devra concentrer son attention sur les moyens d’améliorer les conditions de vie des Togolais et d’alléger le coût du panier de la ménagère. Les déficits en services essentiels (eau et assainissement, électricité, etc.) devraient également baisser quelque peu, notamment grâce au projet de complexe hydroélectrique mené conjointement avec le Bénin. Pour financer les infrastructures, le gouvernement compte sur les retombées de sa récente réforme des finances publiques, avec la création de l’Office togolais des recettes (OTR), réforme qui s’accompagne de mesures visant à l’élargissement de l’assiette fiscale. Il n’exclut pas non plus le recours aux marchés financiers et à de nouveaux partenaires tels que la Banque islamique de développement (BID).

« Nous voulons montrer que tout le monde compte, que chaque Togolais bénéficie de l’attention du gouvernement », résumait Cina Lawson à l’époque, la ministre de l’Économie numérique, pour souligner cette volonté de « recentrage » social du nouveau quinquennat. Déçues par les promesses non tenues depuis des années, les populations n’ont pas hésité à descendre dans les rues pour manifester leurs colères à l’endroit d’un exécutif distant de ses administrés. « Depuis le 19 août 2017, plusieurs personnes ne manifestent pas pour des raisons politiques mais pour faire comprendre au gouvernement qu’elles ont faim et sont assoiffées », explique une source proche du pouvoir.  Ayant,  visiblement pris conscience de la détérioration la de la situation sociale, Faure Gnassingbé s’est lancé dans une campagne de rapprochement avec les populations depuis quelques jours.

Le mandat social retrouve vie…

L’opération «séduction» de Faure a commencé dans la préfecture de l’Est-Mono, le vendredi 29 septembre 2017. A Moretan, un Centre Médicosocial (CMS) a été inauguré par le Chef de l’Etat. Une semaine plus tard, le Numéro 1 togolais était dans les Savanes. « Il est allé à la rencontre des populations de ces localités. Jeunes, femmes, cadres, sages, autorités locales ont pu, au cours de discussions, exposer directement leurs doléances au Président de la République en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie et du développement de leur communauté », renseigne le site web, republiquetogolaise.com. «Je fus très ému par l’enthousiasme des populations avec lesquelles nous avons eu des échanges bien riches. Dans une ambiance empreinte de convivialité, les jeunes et cadres ont partagé avec moi leurs préoccupations et leur engagement à bâtir notre pays », a déclaré Faure Gnassingbé, au terme de ces échanges.

Le Chef de l’Etat a également profité de cette visite pour aller sur plusieurs chantiers en cours de réalisation dans la région «pour vérifier personnellement leur état d’avancement », selon ses propres mots. Que ce soit au niveau du pont reliant Koni et Kongbane, du barrage de Dalwak, du magasin de stockage de 3000 tonnes de Komboloaga, ou de la piste de Natbagou, le Président togolais a « souhaité que ces travaux soient finalisés avec diligence dans le respect des normes internationales de qualité ».

 Le jeudi 09 Novembre, Faure Gnassingbé était dans la préfecture de l’Ogou, plus précisément à Bavou dans le canton d’Ountivou. Là-bas, le chef de l’Etat a procédé à l’inauguration d’un réseau électrique qui expérimente pour la première fois, les mini-centrales solaires photovoltaïques. Le Chef de l’Etat avait également rencontré les populations des Plateaux pour recevoir leurs doléances. La même rencontre s’est tenue à Lomé avec les membres des bureaux des Comités de développement de quartier (CDQ). Le Chef de l’Etat a également discuté avec les chefs traditionnels du Grand Klotto.

A l’agenda, du Chef de l’Exécutif togolais on annonce également d’autres rencontres avec les populations. Le mandat social enfin retrouve la vie. Ce soudain, regain de l’intérêt du Chef de l’Etat repose la question de la gouvernance au Togo. Puisque, l’on est amené à croire que sans cette crise, toutes ces rencontres et lancements de projets tous azimuts n’auront pas lieu sous l’égide du chef de l’Etat. L’autre interrogation est de savoir pourquoi attendre que les choses s’empirent avant de chercher des solutions.

Aujourd’hui le gouvernement doit sortir de la gouvernance par intermittence pour proposer autre chose aux Togolais. Si certaines actions peuvent apaiser les gens du jour au lendemain, si elles ne sont pérennes leurs impacts sont limités. Il rentre alors, que le gouvernement urge dans une nouvelle dimension, au risque de voir la colère des populations s’agrandir. Et dans ce cas, il sera difficile voir impossible de les calmer avec d’autres promesses et des inaugurations ici et là.

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