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Trois morts, des blessés, paralysie de l’économie : Faure garde un silence effroyable


 

 Le Togo est empêtré dans une crise socio-politique de grande envergure. Des milliers de Togolais manifestent pour réclamer des changements du système politique en vue d’un renforcement de la démocratie. Ces manifestations ont fait plusieurs blessés mais aussi 3 décès. Cependant, à ce jour, le Chef de l’Etat n’a pas réagi publiquement.

                Depuis plus  d’un mois, alors que certains croyaient l’opposition incapable de remobiliser ses militants dans les rues comme ce fut le cas en 2012, plusieurs partis réunis au sein d’un collectif dénommé les « Forces démocratiques » multiplient les manifestations dans les rues de Lomé, la capitale et dans de nombreuses villes de l’intérieur.

C’est le Parti national panafricain (Pnp), qui a sonné le glas avec une première manifestation le 19 Août 2017. Mais déjà à la veille de cette marche pacifique pour exiger le retour à la constitution de 1992, le droit de vote des Togolais de la diaspora, la tension était palpable. En effet, le ministre de la Sécurité et de la protection civile et son homologue de l’administration territoriale et des collectivités locales ont publiquement menacé de réprimer la manifestation si les organisateurs ne suivaient pas les itinéraires qu’ils leurs proposaient. La suite tout le monde le connaît : ce qui devait arriver, arriva. Le samedi 19 août, des gaz lacrymogènes, de l’eau chaude ont plu sur les manifestants à Agoé et à Sokodé, les deux fiefs du Pnp. Conséquence, il y a eu plusieurs blessés et des morts. A Sokodé, on déplore la mort de deux manifestants dont un par balle. Au lendemain de cette manifestation violement réprimée, les autres partis de l’opposition ont non seulement apporté leurs soutiens au parti de Tikpi Atchadam mais aussi ce sont réunis au sein d’une même coalition pour réclamer les réformes constitutionnelles sur le modèle de la constitution de 1992.

                Le 6 et le 7 septembre derniers, l’opposition avait mobilisé, plus de 150 000 personnes dans la rue, selon de sources concordantes pour les mêmes revendications. Si le premier jour, la marche s’est ébranlée de plusieurs quartiers de Lomé pour chuter au Bas fond du Collège Saint Joseph, le deuxième jour, les manifestants ont décidé d’occuper les rues de Deckon jusqu’à satisfaction de leurs revendications. Dans la nuit, tombante du 07 septembre, les forces de l’ordre ont pris d’assaut ce quartier du centre ville. La violente répression ainsi déclenchée, s’est poursuivie dans les différents quartiers toute la nuit jusqu’au lendemain le vendredi 08 septembre. Les policiers sont entrés dans des maisons et ont molesté les occupants sans aucun état d’âme.

                Pendant que l’on croyait la mobilisation de l’opposition essoufflée, les leaders de l’opposition ont encore fait descendre par la suite dans les rues, des milliers de leurs partisans à travers tout le Togo. A Lomé la marche qui s’est déroulée au centre ville et à Agoé n’a pas connu d’échauffourées. Mais à l’intérieur du pays, notamment à Bafilo et à Mango les manifestations ont  tourné à la violence. A Mango, on déplore la mort d’un enfant de 8 ans dont on y ignore encore les circonstances exactes du décès. Cet enlisement de la crise devrait faire réagir le Président de la République mais Faure Gnassingbé est cloitré dans  un silence que ses concitoyens ne comprennent pas.

                « Nous sommes dans une république. Quand quelque chose ne va pas le Chef de l’Etat doit immédiatement parler au peuple pour le rassurer et lui donner des directives. Maintenant, on est désemparé on ne sait pas où on va. L’opposition dit qu’elle n’est pas satisfaite, les députés Unir disent le contraire. Le président de la République doit nous parler », confie Malick, qui se dit partisan d’aucun parti politique mais avait voté en 2015 pour Faure Gnassingbé. « Je sais qu’il a envoyé un projet de loi à l’Assemblée nationale mais l’opposition juge ce projet insuffisant. Le président doit lancer un appel au peuple à travers un discours à la nation. Ainsi, il pourra faire taire les critiques une fois pour de bon », ajoute pour sa part, un ancien militant du RPT.

                La semaine dernière, un conseiller du Chef de l’Etat avait annoncé que ce dernier allait bientôt s’adresser aux Togolais. Mais jusqu’à présent rien. Pendant ce temps, la situation politique reste tendue et le nombre des victimes augmente. On se souvient que dans une adresse au peuple il y a quelques années, Faure Gnassingbé avait fait savoir qu’à l’avenir aucun Togolais ne mourra pour cause de violences politiques. C’est tout le contraire qui se produit en ce moment.

 

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