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Média : Les professionnels ont échangé sur les modèles viables à Johannesburg


Organisateurs et invités de marque après la cérémonie d'ouverture

Organisateurs et invités de marque après la cérémonie d’ouverture

La société africaine est à un tournant historique, avec ses citoyens pris entre des économies à croissance rapide, des paysages politiques en transformation et des innovations technologiques qui ont un impact sur tous les piliers de la tradition et de la culture. Les discussions sociales en cours à travers le continent, pour la plupart menées sur les plateformes médiatiques, manquent généralement de profondeur et sont parfois mal ou pas du tout documentées. Les professionnels des médias en Afrique ont-ils un rôle et un devoir d’amélioration de la qualité de ces discussions ? Le rôle des médias dans les sociétés occidentales et orientales devrait-il être le même dans une Afrique émergente ? Le rôle du journaliste dans cette nouvelle Afrique est-il passif ou actif et en quoi consisterait-il exactement ? Autant de questionnements qui meublent la 7ème édition du Forum des Leaders des Médias Africains (AMLF), du 11 au 13 novembre à Johannesburg.

 

En tout 650 participants venus de 5 pays dont certains en dehors du continent comme l’Allemagne, la France, la Chine, la Turquie…, échangent sur le thème : « Influencer les discussions sur le développement en Afrique : le rôle des médias dans un environnement numérique ». C’est à l’initiative de l’Initiative Africaine des Médias (AMI). Une rencontre ouverte par SE Dr. Ameenah Gurib-Fakim, Présidente de la République de l’Île Maurice, en présence du représentant du Président Jacob Zuma du pays hôte et de nombreuses personnalités.

Avant le discours d’ouverture, tour à tour, le président du comité national d’organisation, Mathata Tsedu, le PDG de AMI Eric Chinje et son PCA Trévor Ncube, Mme Bineta Diop (envoyée spéciale du président de la Commission de l’Union Africaine sur les Femmes, la paix et la sécurité ), ont insisté sur les faiblesses de la presse africaine et souhaité que les réflexions aboutissent à des solutions en vue de rehausser le niveau des médias du continent en ces temps d’évolution technologique. « Les faiblesses de la presse contribuent à altérer la qualité du travail du journaliste. Le projet de AMI vise à réfléchir sur la façon de redéfinir la presse africaine et ses perspectives », a indiqué M. Chinje.

« Le rôle de la presse ne se limite pas à la politique et à la corruption. Il s’agit de réfléchir sur comment former et construire la société », a-t-il dit avant que Trévor Ncube n’évoque « le déficit de la confiance publique », comme l’un des traits marquants de la presse du continent, parce que ses centres d’intérêt ainsi que les langues utilisées pour les productions sont loin des préoccupations de la société. Regrettant que les informations sur le continent africain viennent en dehors, il  a estimé qu’ « il est temps pour l’Afrique de raconter l’histoire de comment nous vivons et non de comment nous mourrons ».

 

Le constat d’un contenu piégé

« Comment façonner la perception sur l’Afrique ? ». Telle est selon Mamadou Biteye, directeur général, Bureau-Afrique de la Fondation

Les participants lors de la première journée du forum

Les participants lors de la première journée du forum

Rockefeller, le vrai défi des médias africains. Comme ses prédécesseurs, lui également a déploré une certaine tendance à ne diffuser de l’Afrique que des informations négatives ‘(guerre, tensions politiques, famine, crises…). « Toute bonne nouvelle sur le continent est localisée alors que toute mauvaise nouvelle est généralisée », a déploré pour sa part le Dr Carlos Lopes, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique aux Nations Unies. Il a exposé des données économiques qui prouvent que le continent est sur la bonne voie, mais ces informations ne sont pas suffisamment diffusées sur les médias internationaux plus prompts à présenter de l’Afrique une image qui fait hésiter les investisseurs.

En somme, les informations sur le continent sont piégées quand elles viennent de l’extérieur, alors qu’elles manquent de pertinence ou de large diffusion quand elles sont produites sur le continent. Comment y remédier en mettant à la disposition du public, des données fiables et vérifiables capables d’inciter les investisseurs à intervenir dans différents secteurs y compris ceux de l’information, de la communication et des médias où la convergence des plateformes offre de nouveaux débouchés pour les produits médiatiques ?

Pour le ministre de l’économie numérique de l’Afrique du Sud représentant le Président Jacob Zuma, comme pour Dr Ameenah Gurib-Fakim, il faut d’abord assurer un cadre légal libéral pour l’exercice de la profession. « Comme la science, le journalisme a besoin d’être exercé sans crainte de représailles », a-t-elle dit, allusion faite aux lois répressives sur la presse dans certains pays du continent. Occasion pour le ministre Jeff Radébé, de rappeler un engagement pris sous le président sud-africain d’œuvrer à ce que, plus aucun journaliste ne soit encore emprisonné dans son pays. « Ce sera la base de notre engagement en faveur de la démocratie avec nos partenaires de par le monde », a-t-il affirmé avant d’ajouter que « les médias doivent défendre les progrès et encourager les gouvernants et la sociétés civile à s’engager dans cette dynamique ».

 

Conscience et responsabilité du journaliste

Si les gouvernants ont été invités à accompagner le développement des médias sur le continent, les professionnels des médias ont également été invités au respect des règles de la profession. C’est le cas déjà la veille, du 09 au 10 novembre notamment à l’Université du Witwatersrand, où a eu lieu un panel sur le thème, « surmonter les discours de haine dans les médias ». Le constat a été établi ici sur le fait que « les médias sont tentés de choisir le sensationnel, les stéréotypes faciles et les propos désobligeants dans un reportage des évènements, en assignant des caractéristiques à des individus ou des groupes de personnes ».

Selon l’ancien Secrétaire général de la Fédération Internationale des Journalistes Aidan White, « lorsque cela se produit, l’impact du discours haineux est amplifié et les risques de conflits, d’intolérance religieuse et sectarisme débridé sont élevés ». Les cas de Radio Mille collines au Rwanda ou encore des radios dans les violences post électorales au Kenyan en 2010, ont été rappelés.

Les travaux ont pris fin ce vendredi 13 novembre, après des échanges sur des thématiques comme « Meilleures pratiques observées en Afrique : Modèle d’affaires innovants pour les petites et moyennes entreprises de presse » ; « Convergence entre la radio et les réseaux sociaux : Améliorer l’expérience de l’utilisateur » ; « Réussir dans l’industrie de la presse : Une discussion entre collègue ».

Les travaux ont été sanctionnés par de nombreuses résolutions. C’est Abidjan qui abritera la prochaine édition.

 

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