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Marche des ODDH : Le pointe de chute également source de dissensions


Seize (16) organisations de défense des droits de l’homme ont annoncé pour le 28 novembre une marche pacifique de protestation pour exiger la mise en œuvre des réformes institutionnelles et constitutionnelles avant la
prochaine élection présidentielle.
Mais,il semblerait que tout comme pour celle organisée par le regroupement  CAP 2015 le vendredi 21 novembre, le point de chute de la manifestation est source de divergences entre les autorités publiques et les organisateurs. Ces derniers ont convié les médias ce mardi  à une conférence de presse pour prendre à témoin l’opinion nationale et la communauté internationale sur les manœuvres du pouvoir en place.
 
L’AJAAH,
l’AMIS, l’ASVITTO, l’ATDH, l’ATDPDH, le CTSD, EDH, la LTDH, le MCEP, le REJADD, le RECID, le MMLK,  LA VOIX DES SANS VOIX, la NOVATION INTERNATIONALE, SOS JOURNALISTE EN DANGER et l’UJEDEB regroupées au sein de la Synergie des Organisations de défense des droits de l’homme, appellent à une marche ce 28 novembre pour exiger les réformes politiques. Une marche qui jusqu’alors n’a pour certitude que son point de départ, la Colombe de la Paix. Quid du point de chute ?
 
« Nous avons plusieurs fois rencontrés les autorités notamment le ministre Gilbert Bawara et nous ne sommes pas arrivés à nous entendre sur le point de chute. Nous avons cinq différentes propositions, car symboliquement nous voulons que la marche chute aux alentours de la place de l’Indépendance, mais elles ont toutes été rejetées sans raison valable. Ce dont nous sommes sûrs jusqu’alors, c’est que la marche démarre à la Colombe de la Paix », a laissé entendre Me Zeus Ajavon, un des organisateurs de la marche.
 
Pour Me Raphaël Kpandé Adzaré, les tiraillements autour du point de chute de la marche ne devraient même pas être « dans tous les pays, il y des endroits symboliques quand il s’agit de manifester en faveur des droits de l’homme, car ne pas mettre en œuvre les reformes c’est une violation des droits de tous les  Togolais. Dans un pays normal cela ne devrait poser aucun problème de faire chuter une marche à la Place de l’Indépendance » déplore-t-il.   
 
Ci-dessous, la déclaration des ODDH
     
Déclaration Liminaire des oddh lors de la Conférence de Presse  du 25 Novembre 2014
A quelques mois de l’élection présidentielle de 2015, LA SYNERGIE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE
L’HOMME 
constate avec de multiples dissensions et anomalies autour de l’organisation de cette élection. L’histoire semble se répétée et tout porte à croire que la sérénité recherchée lors des processus électoraux au Togo est un but difficile à atteindre.
Le point d’achoppement que constituent les réformes constitutionnelles et institutionnelles font aujourd’hui l’objet de tout débat et une source d’inquiétude au sein des populations togolaises.
Faut-il peut être rappelé que la Constitution de du 14 Octobre 1992 consacrait en des termes très clairs, entre autres, la limitation de mandat 5 ans renouvelable une seule fois et le scrutin uninominal majoritaire à deux tours.
La soif des réformes que manifeste le peuple togolais est une aspiration légitime et un impératif pour le gouvernement et ne devrait pas être considérée comme une faveur ou une indulgence.
Nul ne peut faire plus de deux mandats, c’est une question de bon sens, de patriotisme, de paix, de réconciliation et de respect des valeurs démocratiques.
Le peuple burkinabais s’est insurgé contre la modification de  la Constitution ; 
le peuple togolais manifeste pour le rétablissement de la Constitution.
Dans l’un ou l’autre cas, il y a une volonté manifeste et systématique de s’éterniser au pouvoir, avec une ferme volonté d’obstruction à toute forme d’alternance.
Le peuple burkinabé s’est levé comme un seul homme pour dire non à la violation à l’un des principes fondamentaux de sa souveraineté.
Au Togo, dans la foulée des différents appels des Leaders religieux et du Groupe des Cinq appelant à des réformes, le 21 novembre 2015 dernier, le peuple togolais s’était massivement rassemblé autour des leaders politiques de « CAP 2015 » pour réclamer les réformes institutionnelles et constitutionnelles avant la prochaine élection présidentielle.
Face à ce peuple qui manifestait librement son droit, il est écœurant de constater que les militaires viennent encore de réprimer, sans gène aucune et presque dans les mêmes conditions la manifestation légitime des populations togolaises.
L’armée dont la mission est bien définie quant à la protection de l’intégrité du territoire, ne saurait être engagée par les autorités politiques togolaises dans le maintien de l’ordre, une mission exclusivement dévolue à la Police et à la Gendarmerie Nationale.
C’est à juste titre que le Président français François Hollande saluait la maturité du peuple burkinabé qui a su rentrer dans l’histoire en prenant ses responsabilités à une période cruciale de sa vie politique.
Partant de là, le Président français attire l’attention  d’autres chefs d’Etat qui ont l’intention de s’éterniser au pouvoir en opérant des révisions non consensuelles de la constitution de leur pays ou en refusant de faire des réformes comme c’est le cas du Togo.
LA SYNERGIE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME pense que les tristes évènements ayant émaillé les processus électoraux passés au Togo,  devraient interpeler la conscience civique du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé et de son gouvernement à plus de responsabilité dans la prise des décisions engageant la vie de leurs concitoyens, en évitant d’en rajouter aux multiples souffrances et difficultés auxquelles les Togolais sont confrontés.
 
LA SYNERGIE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME lance un vibrant appel au Président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, et à son gouvernement, à créer un climat de confiance afin de réduire le sentiment de méfiance, de suspicion et d’incertitude généralisé et grandissant autour de l’organisation de élection présidentielle de 2015.
 
Le chef de l’Etat doit prendre la mesure de la situation et s’engager pour prendre des décisions courageuses et historiques, en laissant la porte ouverte à des discussions porteuses d’espoir pour tout un peuple qui n’a que trop souffert des affres politiques.
 
En clair, le Président de la République, doit privilégier la voie du consensus en initiant, dans les jours à venir, un nouveau dialogue franc et sincère  élargi à plusieurs composantes de la société togolaise sur l’épineuse question des réformes
constitutionnelles et institutionnelles car selon LA SYNERGIE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME « seul un compromis ou un consensus politique issu dudit dialogue pourrait décrisper cette situation confuse et susciter une entente autour des élections ».
 
LA SYNERGIE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME tient à souligner qu’aucune réforme à minima ou opérée sur le dos du peuple ne sera acceptée par ce dernier.
LA SYNERGIE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME invite la communauté internationale, à se plancher sur la nouvelle donne politique au Togo en se souvenant des  anomalies qui ont entouré les  processus électoraux passés; la répétition quasi habituelle des situations caractérisées par de profonds antagonismes entre les acteurs politiques ; la prévention étant la meilleure mesure à prendre dans la résolution des conflits latents.
 
Le rôle de la communauté internationale est plus qu’important à cette période déterminante de la vie politique de notre pays.
 
Elle ne devrait pas  en 2015 jouer un rôle passif et tardif de médecin après la mort et devrait être plutôt un peu plus regardante du côté des réformes constitutionnelles et institutionnelles.
 
Dans ce contexte d’incertitude politique, LA SYNERGIE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME entend jouer pleinement son rôle au côté du peuple invite les Représentants du peuple à l’Assemblée Nationale à avoir une hauteur d’esprit en votant favorablement la proposition de loi telle que déposée par certains députés de l’opposition.
 
Pour ce faire, elle lance un vibrant appel à tous les citoyens togolais, sans distinction aucune, à participer massivement à la marche qu’elle organise ce vendredi 28 novembre 2014 à 08 heures, à la Colombe de la Paix.
 
                                                                       Fait à Lomé, le 25 Novembre 2014
La Synergie des ODDH
 

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One thought on “Marche des ODDH : Le pointe de chute également source de dissensions

  1. Sinclaire Deva

    Aujourd’hui, le débat est clos. François Hollande a coupé court en clarifiant la position de la France sur la tentation de certains chefs d’Etat à modifier leur constitution pour s’éterniser au pouvoir. Mais le plus intéressant est que sur les constitution qui n’ont pas de limite de mandat, il dit, dans des termes clairs qu’il faut organiser un scrutin transparent, équitable pour tous. Mais notre Faure ne le souhaite pas mais voudrait que les partis politiques, tous d’accord pour les réformes, parviennent à un compromis qui favorise les réformes avant « la présidentielle ». Une fois encore l’opposition et ses collabo des ODDH sont passés à côté de: « Je vais respecter rigoureusement la constitution ». Mobilisation des badauds qui malheureusement ne savent lire les signe des temps pour mieux comprendre les enjeux politiques de l’heure. L’ancien ministre OURO BOSSI, membre de la société civile, a dit sur Kanal fm que cette marche ne valait plus la peine compte tenu des dernières évolutions de l’actualité à savoir de l’interview du Président Faure aux déclaration de François Hollande.

    Vous n’avez jamais rien obtenu, comme le dit Fo Nicolas Lawson, mais à chaque fois qu’on est en passe de prendre quelque chose au pouvoir, « ces plaisantins et minables opposants » se présentent pour tout détruire. Obtenir la limitation de mandat et le scrutin à deux tour est mieux de ne rien obtenir.

    Quand à la participation de Faure, ça reste une affaire interne au parti. Angéla Merkel en Allemagne est à son 3ème mandat, Berlusconi à fait plusieurs mandats, personne ne bronche même si le système politique n’est pas le même.

    Fabre et ses collabo sauront se mettre à la hauteur du débat politique actuel et faire des concessions pour une sortie de crise définitive au lieu de mettre leurs intérêts devant comme il le font déjà dans la répartition des postes dans les CELI.

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